« Petite révolution » pour Le Monde, « changement considérable » selon le professeur Emmanuel Aubin, une annonce du Président de la République lors de sa conférence de presse du 16 mai dernier fait parler dans le cercle des « administrativistes ». En effet François Hollande a déclaré que, dans le cadre du « choc de simplification », il avait demandé au Premier ministre d’engager un travail en profondeur sur la révision des règles administratives et qu’une mesure en particulier devrait simplifier les relations entre les particuliers et l’administration : désormais le silence de l’administration vaudra autorisation et non plus rejet.
Est-ce une véritable « révolution » ? On pourrait le penser en lisant l’article 21 de la loi DCRA du 12 avril 2000 : « Le silence gardé pendant plus de deux mois par l’autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet ». La contradiction paraît nette. Pourtant, si l’on étudie le texte intégral de l’allocution, on peut en douter. La révolution n’est qu’apparente, les changements annoncés prenant la suite d’un mouvement initié il y a déjà plusieurs années. Lire la suite
Par une décision du 13 mars 2013, le Conseil d’Etat a transmis au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la conformité du 1° de l’article L. 2111-4 du Code général de la propriété des personnes publiques (CG3P) aux droits et libertés garantis par la Constitution. L’article en cause définit le domaine public maritime naturel. Lire la suite
Par une décision de son bureau du 26 février 2013, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a déclaré irrecevable la pétition citoyenne qui lui avait été adressée le 15 février dernier. Celle-ci demandait au CESE de donner son avis sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Si le bureau du CESE a reconnu que les conditions de nombre et de forme relatives à cette pétition étaient bien réunies, il a rejeté la pétition come irrecevable au fond : en vertu de l’article 69 de la Constitution et de l’article 2 de la loi organique relative au CESE, il a estimé que seul le Premier Ministre était compétent pour le saisir d’un avis sur un projet de loi. Une telle saisine citoyenne serait donc irrecevable lorsqu’elle est effectuée par voie de pétition. Or le CESE effectue ici une interprétation erronée (I) et regrettable (II) de l’article 69 de la Constitution. Lire la suite