Quel cabinet d’avocats en droit public cibler pour son stage ?

Nous continuons notre voyage sur les terres des avocats publicistes, avec encore une fois, après l’article sur les matières de droit public au concours du CRFPA qui a eu beaucoup de succès, un article issu du blog d’un étudiant en droit public. Aujourd’hui, cet étudiant qui vient d’intégrer l’EFB revient sur la distinction classique entre les grands cabinets, anglo-saxons ou français et les petits cabinets français, pour nous présenter les avantages et les inconvénients d’un stage au sein de chacun des types. Le ciblage des cabinets lors de la recherche de stages est une étape à ne pas négliger.


Que ce soit en M2, à l’EFB ou dans un autre contexte, le stage en cabinet s’avère être un élément essentiel pour tout aspirant à l’avocature. Avec l’essor du droit public, les possibilités de stages se multiplient (mais les candidats aussi). Toutefois, il est impropre de parler du stage en cabinet d’avocats au singulier. Il existe en effet plusieurs types de stages en cabinet, selon les structures d’accueil. Brève typologie.

Pour schématiser, on peut distinguer deux sortes de stages en cabinet : le stage dans une grosse structure (le plus souvent anglo-saxonne) et le stage dans un cabinet français.

I) Le stage dans un cabinet anglo-saxon ou dans un gros cabinet français

Les cabinets anglos-saxons sont les cabinets anglais ou américains ayant une antenne (généralement importante) en France. Certains de ces cabinets ont des départements en droit public. Citons aussi le magic circle de Londres : Freshfield, Linklaters, Clifford Chance et Allen & Overy. Mais d’autres ont également un (bon) département en droit public. Il suffit de regarder sur le Legal 500 (qui a toutefois uniquement une valeur relative) qui classe les cabinets par discipline.

Il existe des cabinets français de très grande envergure, avec une équipe complète en droit public. Citons par exemple Gide, UGGC, ou bien encore August & Debouzy.

Quels sont les atouts et les inconvénients de ce type de structure?

Les atouts

  • La rémunération. Elle est souvent haute, et se situe en général entre 1500 et 2000 € bruts par mois pour un anglo-saxon. Une aubaine pour un étudiant. Il peut y avoir des variantes selon le profil (EFB, M2, Ecole de Commerce).Pour un gros cabinet français, les indemnités sont un peu plus basses en théorie et peuvent descendre jusqu’à 1000 € environ.
  • Les dossiers. Ce sont des cabinets qui ont pour clients des opérateurs économiques majeurs ou des collectivités publiques pour la mise en place de projets d’envergure. Les dossiers sont donc intéressants par essence, du fait des enjeux économiques et de leur complexité, notamment.
  • L’anglais. Eh oui. Les cabinets anglo-saxons traitent majoritairement en anglais, même à Paris. Après, cela dépend des cabinets et des affaires. Certains en font moins que d’autres. Mais dans tout les cas, il y aura forcément une part substantielle (pas forcément essentielle !) de votre activité en anglais. Et même si vous n’êtes pas une flèche en anglais initialement, cela vous fera progresser. L’anglais sera évidemment moins présent dans un cabinet français, même s’il sera quand même important.
  • La ligne sur le CV. Et oui, un stage (long de préférence) dans ce type de cabinets ouvre beaucoup de portes pour après. Même s’il ne faut pas l’effectuer dans ce but, c’est un plus indéniable.

Les inconvénients

  • Les horaires. Même si tout dépend des cabinets, vous ne finirez que rarement avant 20H/21H, souvent à 22H et parfois à minuit voir plus. Même si les horaires sont moins soutenus en droit public qu’en corporate ou qu’en arbitrage, c’est quand même un peu violent. Mais ça forme. Ecrivez un mail à votre vie sociale avant d’entrer en stage et donnez lui rendez-vous six mois après.
  • La pression et le stress. Gros dossiers, de l’anglais pas toujours facile d’appréhension, des horaires de fous, un associé qui vous harangue…Pas facile à gérer. Il faut faire face. Ca forme, même si c’est dur. Après, tout dépend encore des cabinets..
  • Le manque de contentieux. Dans ce type de cabinets, vous ne ferez souvent que du conseil, et très peu de contentieux. Un peu dommage, mais c’est inhérent à ce type de structures. Toutefois, il me semble que certains anglo-saxons en traitent quand même un peu. Pour un stage, je pense que c’est mieux de voir à la fois le conseil et le contentieux, mais après c’est aussi une question de goût.
  • La difficulté d’y entrer. C’est un inconvénient. D’habitude, les cabinets anglo-saxons se targuent de ne recruter que des étudiants avec un double cursus droit/école de commerce (quand on voit la pseudo-selectivité des Masters spécialisés de grandes écoles ainsi que leur coût, on peut s’interroger sur la pertinence de ceux qui en font mais c’est un autre débat), droit/sciences-po ou encore droit/LLM. Avec évidemment un niveau bilingue en anglais.
    Cette légende est loin d’être vraie, notamment en droit public. Si elle n’est pas sans fondement (ils recruteront en priorité ces étudiants avec ce double cursus, du moins de manière générale), il est tout à fait possible de faire un stage (et plus tard une collaboration) dans ces cabinets sans avoir un CV long comme un bras. Même si c’est plus délicat, et qu’il faut attester d’un niveau certain.

Remarque subsidiaire

  • Dans ce type de cabinet, où le département droit public est quasiment tout le temps le plus petit, vous allez collaborer avec les autres départements du cabinet, par exemple avec le département financement de projet (pour un contrat de partenariat public/privé) ou encore le département fusions et acquisitions (pour une prise de participation de l’État). Ainsi, vous ne traiterez du droit public dans son aspect complémentaire avec d’autres branches du droit. Ce qui est assez enrichissant, mais parfois déboussolant.C’est surtout vrai pour les anglo-saxons.
  • Petite « astuce » : J’ai déjà dénoncé la sélectivité de ces cabinets. Ils reçoivent en effet énormément de candidatures. C’est vrai pour la période allant de janvier à juin, où la concurrence est féroce entre les stagiaires EFB, M2 ou encore écoles de commerce. Toutefois, la porte est bien plus ouverte pour la période allant de juillet à décembre. Profitez-en si vous pouvez..

II) Le stage dans un cabinet français

Les structures varient beaucoup. Entre une moyenne structure (Adamas, Sartorio,..) et un jeune avocat se mettant à son compte à Bourg-en-Bresse, il y a une marge.

Les atouts

  • La diversité des thématiques. Cet atout est à nuancer car il dépend des cabinets. Mais généralement, les petites et moyennes structures ont vocation à traiter tout le droit public. Si vous aimez le droit de la fonction publique, foncez ! Car vous n’en ferez pas dans les grosses structures anglo-saxonnes.
  • Une meilleure approche du métier d’avocat. C’est souvent une critique faite par le jury de l’EFB lors du rapport de stage final de l’étudiant. Le jury a tendance à estimer qu’un stage dans les gros cabinets,où l’on risque d’être cantonné à du conseil et à des recherches juridiques ou rédactions d’actes, n’est pas représentatif du métier d’avocat. En effet, pas forcément de rencontres avec les clients, de traitement du contentieux ou encore de toutes les démarches coutumières des avocats au sens classique du terme. Toutefois, cette critique est à nuancer. C’est pour cela que je pense qu’il est important de voir différentes structures en stage, afin de voir ce qui vous correspond le mieux.
  • Les horaires. Bien plus cools (en général) que dans les gros cabinets. Ici, vous finirez rarement après 19H. Ce qui est un énorme plus si on veut avoir une vie sociale à côté.

Les inconvénients

  • La rémunération. Forcément inférieure à celle des anglo-saxons, elle peut aller d’environ 417 euros (minimum légal pour un stage de plus de deux mois) jusqu’à 1200 euros si vous êtes dans une bonne moyenne structure et que vous êtes en stage EFB.
  • Des dossiers à enjeux moins globaux. Vous risquez de traiter très souvent des dossiers à enjeux économiques mineurs. Ce n’est pas dramatique, mais cela n’est pas forcément très grisant. Mais si les problèmes juridiques sont intéressants, les dossiers le seront aussi !
  • Le risque de l’ennui. Possible si votre maître de stage ne vous donne qu’un certain type de dossiers (exemple : vous faites de la fonction publique pendant 6 mois et uniquement cela, ou bien encore de l’urbanisme). Ou encore si vous passez beaucoup de temps à remplir les appels d’offres auxquels répondent les cabinets ou plus généralement à faire des tâches moyennement intéressantes. Dans ce cas, le stage ne vous apportera que très peu et c’est bien dommage.  Car vous ne pourrez compenser ce manque de dossiers intéressants par le lourd travail, la ligne sur le CV ou l’exercice de l’anglais, comme c’est le cas dans les grosses structures.

Conclusion

Je pense qu’il est important de tester – dans la mesure du possible – les deux sortes de structures. Afin d’étoffer son CV, mais surtout de diversifier ses expériences et de savoir dans quel type de structure vous souhaiteriez évoluer plus tard.

Même si au final, un élément primordial que je n’ai pas aborder est à prendre en considération : l’ambiance dans l’équipe. Et ça, ce n’est pas dépendant du type du structure…

PS : La dichotomie est évidemment plus poreuse en réalité et tout dépendra du cabinet dans lequel vous tomberez.


Visitez le site de l’auteur : Le blog d’un étudiant en droit public !



Catégories :Formations / Cursus / Concours

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3 réponses

  1. Bonjour, pourriez vous nous donner une liste des cabinets taille moyenne ou petite en droit public? je ne sais pas tellement ou les trouver et j’en cherche pour mon stage final EFB. Merci beaucoup!

Rétroliens

  1. Le guide du stagiaire en cabinet d’avocats : Comment bien réussir son stage ? « Les Chevaliers des Grands Arrêts

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